Voyage de mémoire en Pologne

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Du 8  au 12 Avril 2025, 35 élèves du LPP Dounon ESCC ont pu se rendre à Cracovie pour se confronter aux heures les plus sombres de l’histoire… Ce voyage de Mémoire a pu avoir lieu grâce au soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, à la dotation Eveil de la Région Bourgogne-Franche-comté et aux différentes actions menées.

Découverte de la vie juive d’avant-guerre : Après avoir rencontré leurs correspondants polonais du lycée XIII de Cracovie, les élèves ont visité l’ancien quartier juif de Kazimierz créé au XIVème siècle par le roi Kazimierz III. La communauté juive a pu s’y établir et prospérer. Le quartier était un centre religieux et culturel très important. Les jeunes ont découvert la magnifique synagogue Tempel d’inspiration mauresque. Elle fut érigée au XIX ème siècle sur le modèle de la synagogue Tempelgasse de Vienne, détruite lors de la nuit de cristal. Le cimetière de la synagogue Remuh constitue toujours une étape intrigante pour nos jeunes peu habitués à rendre hommage en déposant une pierre ou une intention de prière. Le quartier accueille aussi le festival de musique Klezmer. Ce fut l’occasion d’en écouter et de participer à un atelier de danse juive avec une philosophe. Pendant plus d’une heure les lycéens ont enchaîné les chorégraphies rythmées pour leur plus grand plaisir. Les jeunes ont ainsi compris quelle était l’effervescence de ce quartier si dynamique dans une ville aussi riche culturellement.

Sur les traces de l’ancien ghetto, un témoignage unique : La population juive avait été chassée de Kazimierz pour s’entasser dans le quartier de Podgorze de l’autre côté de la Vistule, à l’écart. Les traces sont aujourd’hui rares mais elles suffisent à évoquer le génocide. Au musée juif de Galicie, les jeunes ont eu la chance de rencontrer une survivante née dans le ghetto en 1941 : Madame Rena Rach née Stern. Son père avait été embauché par Oscar Schindler dans sa fabrique, ce qui lui a permis d’avoir la vie sauve. Sa maman a fui le ghetto avec elle en passant par les égouts de la ville. Rena a longuement expliqué les humiliations, les privations, la peur et surtout la clandestinité… Les jeunes cosnois l’ont écoutée des heures durant et garderont ce témoignage dans leur cœur comme un rempart face à la barbarie. Ils travaillent sur le projet de la «  Route des Justes » et cette rencontre a permis de donner une dimension concrète au mot « sauvetage ».

Auschwitz Birkenau : Les jeunes sont arrivés dans le froid et le vent. Comment survivre là sans ration et sans vêtements chauds après des appels interminables ? Les guides ont pris le temps d’expliquer le scenario bien huilé pour éviter la révolte des arrivants. Ils ont franchi le portail rehaussé de l’infâme devise Arbeit macht frei. Devant le Block 10, celui des expérimentations médicales, chacun a pu avoir une pensée pour Génia Oboeuf qui y avait été déportée. Inlassablement, elle venait au lycée pour témoigner. Peu à peu les élèves ont progressé jusqu’à la chambre à gaz. Les traces des ongles du désespoir sur les murs les ont plongés dans la réalité violente du génocide.

L’arrivée à Birkenau est toujours impressionnante. Même si les chambres à gaz ont été détruites, l’échelle industrielle de la mort reste saisissante. Devant le monument français, un poème de Benjamin Fondane a été lu en mémoire de tous ceux qui ont péri là. Les jeunes ont passé la journée entière sur le site. Ce qui leur a permis d’approfondir leurs connaissances afin de devenir à leur tour de vivants remparts contre tous les extrémismes.

Lutter contre l’antisémitisme et toutes les discriminations

De retour en classe à Cosne, les jeunes témoins de l’horreur préparent des réponses argumentées pour tous ceux qui véhiculeraient des idées inquiétantes. Ils deviendront médiateurs et forts de leur expérience, ils vont organiser des ateliers de lutte contre l’antisémitisme et toutes les discriminations. Nul doute qu’ils sauront répondre à tous ceux qui peuvent être tentés par l’idéologie des bourreaux…